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David Orlowski. Consultation ET EN VIDÉO CONFÉRENCE (SKYPE, FACETIME, MEET), soirs et fin de semaine également : ☎️ Tél. : 418 255-1713. 📧 Courriel : davidorlowski@hotmail.com

23 Mar

Normal ou anormal ?

Publié par David Orlowski

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Les figures de l'anormal

 

Qu'est-ce que l'anormal ? Est-ce un écart par rapport à une norme ? Et le cas échéant, s'agit-il d'une norme au sens quantitatif ou d'une valeur ? La pathologie (maladie mentale ou physique) relève-t-elle d'une connaissance objective ou s'épuise-elle- dans le sentiment de mal-être de l'individu ?

 

Le normal, c'est ce qui est le plus fréquent

 

La normalité est, en effet, le plus souvent caractérisée à partir et en fonction d'une règle ou d'un idéal collectif qui ne correspondent peut-être qu'à la forme la plus couramment rencontrée, c'est à dire à une donnée statistique. Or, si le normal correspond à « ce qui se fait », on passe facilement de « ce qu'on fait » à « ce qu'on doit faire », du constat à la prescription, et ce qui en général devient, par un glissement presque irrépressible, ce qui est juste, ce qui doit être.

 

Le normal, c'est la norme

 

La référence à la notion de normal, a certes pour but, de manière générale, de mettre en place une méthode classificatoire autorisant le repérage, le diagnostic et la caractérisation des troubles - ce en quoi prétend à une certaine objectivité-, mais son utilisation ne se défait cependant jamais d'une perspective axiologique (la science des valeurs morales) et porte la trace d'une identification du fait avec la valeur.

Dès que l'on se réfère au normal, c'est pour désigner, en creux, le pathologique, les deux notions renvoyant l'une à l'autre dans un va-et-vient rendu constant par l'imprécision du concept de normalité.

 

Le pathologique (la maladie psychologique ou physique), c'est ce qui déroge à la règle

 

Les gens « normaux » sont ceux qu'on ne remarque pas, parce qu'ils suivent une série de conventions, tacites ou non, auxquelles celui qui sera vite appelé « marginal » ou « extravagant » semble vouloir ne rien concéder. À partir du moment où l'on envisage la normalité comme ce qui suit une règle, ce qui correspond au respect d'une norme, le pathologique est compris comme erreur, comme ce qui déroge à la règle.

 

L'anormal n'est pas pathologique

Par conséquent, toute anomalie comportementale, en tant que particularité statistique, n'est pas toujours envisager comme pathologique ; c'est-à-dire, toute exception, tout décalage avec les règles habituelles - autrement dit répandue - de la vie psychique n'induit pas nécessairement de souffrance, de difficulté à vivre. Poser que le pathologique est une déviance relativement à une norme donnée, c'est courir le risque de déclarer malade un sujet qui non seulement n'éprouve pas de souffrance particulière à vivre mais qui peut très bien s'insérer dans un cadre déterminé par l'ensemble de son entourage.

 

Le pathologique comme souffrance

 

Mais la jeune fille anorexique qui refuse de s’alimenter, appréhendent même le moment du repas comme une épreuve insurmontable, n’est pas seulement en décalage avec une conduite alimentaire normale, sa pathologie est en elle-même associé à une souffrance. En posant que ce qui s’oppose au normal est le pathologique, et en révélant le caractère relatif et social de la notion de normalité, on ne désigne le pathologique que comme privation, comme manquement à la règle, et l’on perd par la même le caractère de souffrance que recouvre le terme « pathologie ». En réduisant la pathologie à l’anormalité, ce n’est pas au patient qui souffre et éprouve des difficultés à simplement vivre que l’on donne la parole, mais aux problèmes qu’il suscite à son entourage. Certes, c’est bien parce qu’un trouble obsessionnel compulsif, comme celui qui consiste à s’adonner à un lavage systématique et effréné, est considéré comme peu normal que l’on cherche à le soigner. C’est bien, certes, dans l’activité du médecin, le repérage d’une certaine anormalité qui incite au traitement d’une pathologie. Mais, pour autant, le sens de la pathologie dépasse celui qui contient son opposition à la normalité, la pathologie a en elle-même une réalité qui est celle de la souffrance.

Dès lors, s’il s’agit de comprendre la pathologie pour elle-même, il faut l’envisager indépendamment de toute notion de normalité. Autrement dit, et d’après ce qui précède, comprendre la pathologie, c’est aussi lui redonner la dimension purement subjective qui la constitue et la distingue du simple jugement d’anormalité.

 

Référence : Descamps, P. (2000). Les figures de l’anormal. Sciences et Avenirs, 122, 12-15.

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